En ce temps-là, pour ne pas châtier les coupables, on maltraitait des filles. On allait même jusqu'à les tondre.

Comprenne qui voudra
Moi mon remords ce fut
La malheureuse qui resta
Sur le pavé
La victime raisonnable
A la robe déchirée
Au regard d’enfant perdue
Découronnée défigurée
Celle qui ressemble aux morts
Qui sont morts pour être aimés
Une fille faite pour un bouquet
Et couverte
Du noir crachat des ténèbres
Une fille galante
Comme une aurore de premier mai
La plus aimable bête
Souillée et qui n’a pas compris
Qu’elle est souillée
Une bête prise au piège
Des amateurs de beauté
Et ma mère la femme
Voudrait bien dorloter
Cette image idéale
De son malheur sur terre.

Un commentaire

    • loutfigian
    • Posté 11 janvier 2008 à 13:39
    • Permalien

    Grâce à un article sur les conférences de presse présidentielles, paru sur le site du Figaro, j’ai eu le plaisir de découvrir ce poème. En effet, au cours d’une de ces fameuse conférences de presse, le président Pompidou le cite partiellement mais admirablement en l’adaptant à un contexte à peine différent de celui pour lequel il avait été écrit.

    La scène est visible à l’adresse suivante :
    http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&mc=Russier,%20Gabrielle&num_notice=3&total_notices=4


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